Marseille, porte du sud par Albert Londres

Titre de livre : Marseille, porte du sud
Date de sortie : June 11, 2016
Auteur : Albert Londres
Broché : 73
Marseille, porte du sud par Albert Londres

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Albert Londres avec Marseille, porte du sud

Résumé :
Import - Export ! Vie magique à l’entrée du port de Marseille. En 1926, le grand reporter Albert Londres, rencontre dans cette grande ville de Marseille, les marins, les aventuriers, les immigrés, tous sur le départ ou sur l’arrivée, tous prêts à s’embarquer pour le Sud. D’ici on part sur pour toutes les mers, pour la Rouge ou la Noire, pour tous les détroits, tous les canaux, tous les golfes. D’ici, la France a une vue magnifique sur tout le reste du monde.

Extrait :
I. Mes bateaux vont partir

C’est un port, l’un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l’un des grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s’appelle le port de Marseille.

Il a plus de cinq kilomètres de long. Il n’en finit pas. Peut-être bien a-t-il six, ou même sept kilomètres. Môle A, Môle B, Môle C. Il va presque jusqu’au milieu de l’alphabet, le port de Marseille… C’est le marché offert par la France aux vendeurs du vaste monde. Les chameaux portant leur faix vers les mahonnes d’au-delà nos mers, sans le savoir, marchent vers lui. Port de Marseille : cour d’honneur d’un imaginaire palais du commerce universel.

Tous les vieux noms connus des hauts barons de la mer sont affichés là, aux frontons de ces môles, comme une courtoise invitation au voyage. La Paquet, la Transat, la Cyprien Fabre, les Chargeurs Réunis, les Transports, les Messageries Maritimes à tête de licorne. La Peninsular. La Nippon Yusen Kaisha. Où voulez-vous aller ? Au Maroc, en Algérie, en Tunisie ? Au Sénégal, en Égypte ? Au Congo, à Madagascar ? En Syrie, à Constantinople ? Au Tonkin ? Aux Indes ? En Australie ? En Chine ? En Amérique du Sud ? Faites votre choix. Ici, on embarque pour toutes les mers, pour la Rouge et la Noire, pour tous les détroits, tous les canaux, tous les golfes. On vous en montrera, des pays ! On vous en fera connaître, des choses insoupçonnées ! Pas un coin, si bien endormi qu’il fût, que nous n’ayons déjà réveillé autour du monde. On part pour tous les océans, l’Atlantique, l’Indien, le Pacifique.

C’est moi, Marseille...

Écoutez, c’est moi, le port de Marseille, qui vous parle. Je suis le plus merveilleux kaléidoscope des côtes. Voici les coupées de mes bateaux. Gravissez-les. Je vous ferai voir toutes les couleurs de la lumière ; comment le soleil se lève et comment il se couche en des endroits lointains. Vous contemplerez de nouveaux signes dans le ciel et de nouveaux fruits sur la terre.

Montez ! Montez ! Je vous emmènerai de race en race. Vous verrez tous les Orients—le proche, le grand, l’extrême.

Je vous montrerai les hommes de différentes peaux, le brun, le noir, le mordoré, le jaune, nus en Afrique, en chemise aux Indes, en robe en Chine, et marchant sur des petits bancs au pays du Soleil-Levant.

Je vous ferai connaître toutes les femmes, celles dont le voile prend au-dessous des yeux, celles au voile blanc, celles au voile noir ; celle au bambou coupant leur front. En kimono, en pagne, drapées ou culottées. Vous sentirez se poser sur vous des regards dont vous n’avez encore nulle idée. Il y en aura de brûlants, de tranchants, d’insistants, de royaux, d’indéchiffrables. Vous verrez des femmes qui, lorsqu’elles marchent, font le bruit d’une vitrine de joaillier qui s’écroule, tellement elles sont, ces créatures, couvertes d’or, d’argent, d’ambre, d’ivoire et de verroteries. Vous en verrez aux cheveux coupés franchement en brosse, d’autres à qui il faut deux jours et l’aide de toute une famille pour préparer une coiffure qu’on ne touche plus pendant un mois. Vous verrez celles qui se tiennent sur des pieds brisés, celles qui s’avancent comme un oiseau sautille, et des esclaves marcher comme des princesses.

Gravissez les coupées de mes bateaux. Je vous conduirai vers toutes les merveilles des hommes et de la nature. Je mène à Fez...